Du lundi 13 au vendredi 24 avril 2026, la Province de Paris de l’Ordre des Carmes Déchaux célèbrera son Chapitre Provincial :
- temps de relecture du triennat écoulé
- temps d’élection du provincial et des prieurs
- temps de préparation du triennat à venir.
Nous confions ce temps important de la vie de notre Province à votre prière.
Suivez chaque jour les chroniques du chapitre provincial
Vendredi 17 avril : dialogue avec la Province d’Avignon-Aquitaine
Cette journée de vendredi fut totalement consacrée à la collaboration avec la Province d’Avignon-Aquitaine. Dans ce cadre, nous avons reçu à notre chapitre le Provincial du Midi, frère Jean-Fabrice, et son Premier conseiller, frère Jean de Sainte-Marie.
Après l’Eucharistie présidée par le Provincial d’Avignon-Aquitaine, nous avons écouté frère Denis-Marie nous partager un extrait de son choix des œuvres de saint Jean de la Croix. Il a opté pour une prière extraite de la Vive flamme d’amour : « Réveillez-nous et nous éclairez, mon Seigneur, afin que nous connaissions et aimions les biens que Vous nous présentez toujours et nous nous apercevrons que Vous Vous êtes mû pour nous faire du bien et que Vous Vous êtes souvenu de nous. » (VF B 4, 9)

Ensuite, frère Jean-Fabrice, aidé d’un diaporama, a présenté les différents couvents de leur Province : Le Broussey, Montpellier, Toulouse, Roquebrune-sur-Argens (Saint-Désert), Fribourg (Suisse), Trois-Rivières (Canada) et Kaolack (Sénégal). Un peu plus de 70 religieux forme la Province voisine. Suite à cela, nous avons échangé autour de la question de davantage de collaborations interprovinciales.
L’après-midi, la parole fut donnée à frère Didier-Joseph qui nous a partagé de son côté un passage de la Montée du Mont Carmel au sujet du nécessaire détachement qu’il faut opérer pour tendre vers le but de l’union à Dieu : « Qu’importe qu’un oiseau soit attaché d’un fil mince ou d’une corde ? Car, pour fin que soit le fil, l’oiseau y demeurera attaché comme à la corde, tant qu’il ne le brisera pas pour voler. Il est vrai que le fil est plus facile à rompre ; mais, pour facile que ce soit, s’il ne le rompt, il ne pourra prendre l’essor. Ainsi en est-il de l’âme qui s’est liée à quelque chose, laquelle, avec toutes ses vertus, ne parviendra jamais à la liberté de l’union divine. » (I MC 11, 4)
Enfin, nous avons continué nos échanges avec nos frères du Midi. Cela fut vécu dans un vrai climat fraternel et nous pouvons rendre grâce pour la bonne entente qui règne entre les deux Provinces des Carmes Déchaux de France.
Jeudi 16 avril : Enseignements spirituels, travail législatif et nouvelle implantation du couvent
Après le provincial et les prieurs d’Avon et de Lisieux, c’est celui de Paris, frère Denis-Marie, qui a présidé la messe de ce jeudi. Dans son homélie, il nous a encouragés à laisser Jésus faire sa place en nous pour qu’il en fasse un « Ciel », selon l’image utilisée par sainte Élisabeth de la Trinité.
Le début de la matinée a été vécu de manière originale, puisque le frère Marc n’a pas choisi une citation à proprement parler de saint Jean de la Croix à partager au chapitre, mais plutôt le dessin qu’a fait le carme espagnol du Christ en Croix. Et frère Marc, qui avait nommé son petit exposé Mauvais œil de conclure : « Ouvrons donc les yeux les uns sur les autres pour mieux nous écouter, nous comprendre, nous aimer, quelqu’en soit le prix ! »
Puis, nous avons repris nos discussions de la veille sur nos textes législatifs (pour mieux vivre notre vie consacrée) avant de conclure par un vote.
Pour commencer l’après-midi, frère Guillaume a quant à lui proposé une méditation autour du psaume 76, 19-20. Ces versets du Psalmiste sont repris par saint Jean de la Croix dans la Nuit obscure, dont voici le passage retenu par notre frère : « Cette contemplation divine a cette propriété d’être secrète et par-dessus la capacité naturelle, non seulement parce qu’elle est chose surnaturelle, mais aussi en tant qu’elle est la voie qui conduit et mène l’âme aux perfections de l’union de Dieu ; lesquelles, étant choses qui ne sont humainement sues, il s’y faut acheminer ne sachant humainement et divinement ignorant. Car, parlant mystiquement (comme nous faisons ici), les choses et perfections divines ne se connaissent ni ne s’entendent pas comme elles sont quand on les cherche et met en exercice, mais quand on les a déjà trouvées et exercées. Le prophète Baruc dit à ce propos de cette Sagesse divine : “Il n’y a personne qui puisse savoir ses voies ni qui puisse penser ses sentiers”. Le prophète royal aussi, parlant à Dieu, dit ceci de ce chemin
de l’âme : “Vos splendeurs ont lui sur la rondeur du monde et l’ont éclairée ; la terre s’est émue et a tremblé ; votre voie est dans la mer et vos sentiers en de nombreuses eaux ; et vos vestiges ne seront point connus [Ps 79, 19-20]” » (II NO 17, 8).
Enfin, frère Jean-Alexandre a présenté les résultats de la commission pastorale chargée de la nouvelle implantation du couvent de Paris, rue Gay-Lussac, avant que nous ne concluions cette journée par des échanges autour de nos pratiques liturgiques.
Mercredi 15 avril : Prière commune, formation initiale et travaux en groupes
Après l’oraison et les laudes partagées avec la communauté d’Avon et les hôtes du Centre spirituel, c’est entre capitulants que nous célébrons tous les jours l’Eucharistie au cours de notre Chapitre provincial. Ce mercredi, c’était au tour du frère Didier-Joseph de présider, ce dernier nous invitant dans son homélie à ne pas avoir peur, comme notre pape Léon, de « parler haut et fort du message de l’Évangile ».
Nous avons commencé notre rencontre matinale par une nouvelle pépite de saint Jean de la Croix. Frère Jean-Alexandre avait choisi un extrait de la 10ème Romance, « Sur les fleuves de Babylone » : « En moi je me mourais pour toi / et par toi je ressuscitais » (En mí por ti me moría /y por ti resucitaba). Un choix tout à fait adapté au Temps pascal !
Ensuite, toute la matinée a été consacrée à la formation initiale. Frère Jean-Alexandre, maître des Postulants et des Novices, a rendu son rapport du Postulat–Noviciat (Avon) sur les années 2023-2026. Puis, de la même manière, frère Anthony-Joseph, maître des Étudiants, a donné celui du Studentat (Paris). Nous avons ensuite longuement échangé entre nous avant de déjà choisir quelques orientations pour les trois prochaines années. Enfin, frère Cyril, responsable de la pastorale des jeunes et des vocations, a fait le point sur l’Année Saint-Élie (Année pour Dieu) qui accueille actuellement trois jeunes hommes.
L’après-midi, après l’office du milieu du jour, frère Cyril a partagé sa phrase favorite du saint patron des poètes espagnols. Il s’agit en fait d’un seul mot… « Nada ». Rien ! Plus précisément, Jean de la Croix inscrit ce mot sur le schéma du mont de perfection. Pour le dire autrement, il faut passer par le Rien pour atteindre le Tout qui est Dieu !
Ensuite, nous avons retrouvé nos petits groupes du premier jour afin de regarder ensemble plusieurs de nos textes législatifs provinciaux, afin de les réécrire si besoin est, pour toujours mieux vivre notre vocation. Enfin, c’est avec tout le chapitre que nous avons étudié les remontées des travaux des groupes.
Mardi 14 avril : Lectures spirituelles, bilan du Centre Spirituel et élection du Provincial
L’Esprit Saint invoqué la veille a soufflé jusque dans les lectures de la messe. En effet, dans son homélie, frère Guillaume, qui présidait l’Eucharistie, a souhaité à la Province réunie en chapitre, de « renaître d’en haut », faisait écho à la parole de Jésus adressée à Nicodème et proclamée dans l’Évangile du jour : « Il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. » (Jn 3, 7-8).
En cette année jubilaire, nous commençons toutes nos rencontres par l’écoute d’une citation de notre Père saint Jean de la Croix choisie et présentée par un frère. C’est le frère Didier-Marie qui a ouvert le bal avec un extrait du Cantique spirituel : « Il faut désirer ardemment ce souffle divin de l’Esprit Saint ; il faut que chaque âme demande qu’il souffle à travers son verger pour que se répandent les divines senteurs de Dieu. » (CS B 17, 9).
De même, la lecture des Actes des Apôtres sonnait particulièrement bien avec la première rencontre de la journée, à savoir le rendu du rapport de l’Économe provincial, frère Denis-Marie. Comme la première communauté des croyants, nous aussi avons « tout en commun » (Ac 4, 32), d’où la nécessité de rendre compte des comptabilités de la Province et des communautés.
Ensuite, nous avons reçu Aude Nachi, directrice opérationnelle du Centre spirituel, qui nous a présenté le rapport des trois dernières années du Centre spirituel des Carmes d’Avon, lieu attractif et en mutation, et dont la fréquentation a retrouvé un nouvel essor après la crise sanitaire.
L’après-midi, c’était au tour du frère Anthony-Joseph de partager une perle du Docteur mystique. A été retenu un passage de La montée du mont Carmel, où Jean de la Croix recommande de « prier dans le temple vivant, qui est le recueillement intérieur de l’âme. » (III MC 40, 1)
Enfin, nous avons procédé à l’élection de notre Père Provincial.
Nous avons la joie de vous annoncer que le Chapitre provincial réuni à Avon a élu le frère Antoine-Marie du Sacré-Coeur de Jésus (Leduc) comme Provincial de Paris des Carmes Déchaux.
Nous rendons grâce au Seigneur pour cette réélection et lui confions notre frère pour ce nouveau triennat (2026-2029).
Lundi 13 avril : Ouverture du Chapitre, rapports des couvents et travail en groupes
Après l’oraison et les laudes, nous avons débuté notre Chapitre provincial par une messe votive au Saint-Esprit, présidée par notre provincial, frère Antoine-Marie. 16 frères capitulants y participent, tandis le père Jean-Claude Lavigne (dominicain) occupe le rôle de modérateur. Dans son homélie, le provincial a notamment insisté sur la symbolique du « Château extérieur », faisait écho au « Château intérieur » tel que décrit par notre Mère sainte Thérèse.
Ensuite, nous sommes entrés dans le vif du sujet avec la lecture de différents rapports, en commençant par celui de la Province, rédigé par le frère Antoine-Marie. Puis, le frère Didier-Joseph a rendu celui du couvent de Lisieux, le frère Denis-Marie celui de Paris, et le frère Guillaume celui d’Avon.
L’après-midi, nous nous sommes retrouvés en trois petits groupes afin de discuter entre nous de ces rapports, avant un retour en grand groupe faisant remonter nos échanges et les éventuelles questions qui pouvaient surgir.
Nous nous confions encore à votre prière !


