Du lundi 13 au vendredi 24 avril 2026, la Province de Paris de l’Ordre des Carmes Déchaux célèbrera son Chapitre Provincial :
- temps de relecture du triennat écoulé
- temps d’élection du provincial et des prieurs
- temps de préparation du triennat à venir.
Nous confions ce temps important de la vie de notre Province à votre prière.
Suivez chaque jour les chroniques du chapitre provincial
Vendredi 24 avril : Clôture du chapitre
Notre chapitre provincial s’est conclu aujourd’hui par une messe votive à Notre Père saint Jean de la Croix. Présidée par notre Père Provincial réélu, frère Antoine-Marie, elle a rassemblé les membres de la communauté d’Avon et les fidèles qui fréquentent notre chapelle.
Frère Antoine-Marie a relevé le temps fort que nous avons vécu ensemble pour travailler sur l’avenir et essayer de manifester à l’extérieur ce que nous vivons à l’intérieur.
Nous rendons grâce au Seigneur pour ce moment de la vie de la Province et nous vous remercions pour vos prières qui nous ont accompagnés tout au long de nos rencontres.
Jeudi 23 avril : Signature des registres puis audition d’experts
Notre chapitre provincial touche bientôt à sa fin, en témoigne l’acte solennel que nous avons vécu ce matin avec la signature des registres reprenant notamment nos différents votes. Mais avant cela, c’est le frère Antoine-Marie qui a choisi de présenter, comme nous l’avons fait tout au long de ce chapitre, un extrait des écrits de saint Jean de la Croix. Notre Provincial avait choisi le début du Cantique spirituel : « Ou t’es-tu caché, ami ? Car ni la haute communication et présence sensible ne témoigne davantage sa présence, ni l’aridité et le défaut de tout cela en l’âme n’est un moindre indice d’elle. C’est pourquoi le prophète Job disait « S’Il vient à moi je ne Le verrai point, et s’Il Se retire je n’en saurai rien » (Jb 9,11). En quoi on doit entendre que si l’âme sent une grande communication ou connaissance de Dieu, ou quelqu’autre sentiment, elle ne doit pas pour autant se persuader que cela soit posséder Dieu davantage, ou être plus en Dieu ; et aussi peu doit-elle penser que ce qu’elle sent ou entend, pour haut et sublime qu’il puisse être, soit essentiellement Dieu. » (CS A 1, 2) Notre Dieu est un Dieu caché…
Enfin, les nouveaux prieurs et conseillers provinciaux ont lu leur Profession de foi.
Pour débuter l’après-midi, frère Benoît-Antoine a de son côté médité autour d’un petit texte de Jean de la Croix, la Somme de la perfection : « Oubli de ce qui est créé / et mémoire du créateur /faire attention à l’intérieur/ l’ami ne cesser de l’aimer ».
Puis nous avons reçu l’architecte chargé de l’audit concernant les bâtiments avonnais : couvent et Centre spirituel. Enfin, notre banquier a pris la suite afin d’aborder des réalités financières. Après cette lourde après-midi, nous avons pu profiter du jardin pour prendre un temps d’oraison.
Mercredi 22 avril : Débat sur la garde de l’Ordre et échanges avec les Carmélites
Après la messe présidée par le frère Marc, c’est le frère Olivier-Marie qui a lancé cette nouvelle journée de chapitre en choisissant de commenter la strophe christologique du Cantique spirituel de saint Jean de la Croix et sa focalisation sur le regard : « Ô source cristalline, / si sous tes apparences argentées / tu laissais soudain transparaître / les yeux tant désirés / que je porte au fond de mon cœur esquissés » (CS B, str. 12).
Ensuite, nos travaux ont repris avec un temps de travail en groupe autour de trois questions sur le sujet de la « garde de l’Ordre » présente dans la Règle du Carmel. Qu’est-ce que j’attendais en entrant au Carmel ? Qu’est-ce que le Carmel m’a donné ? Quels fruits puis-je offrir à l’Église ? À ma Province ? Beaucoup furent touchés par la qualité des échanges qui ont eu lieu entre nous. Notre modérateur a conclu en faisant le parallèle avec le prophète Jérémie : « Ne dis pas : “Je suis un enfant !” Tu iras vers tous ceux à qui je t’enverrai ; tout ce que je t’ordonnerai, tu le diras. Ne les crains pas, car je suis avec toi pour te délivrer – oracle du Seigneur. » Puis le Seigneur étendit la main et me toucha la bouche. Il me dit : « Voici, je mets dans ta bouche mes paroles ! Vois : aujourd’hui, je te donne autorité sur les nations et les royaumes, pour arracher et renverser, pour détruire et démolir, pour bâtir et planter. » (Jr 1, 7-10) Garder l’Ordre pour planter, pour porter du fruit, pour transmettre nous-même ce que nous avons reçu.
L’après-midi, nous avons tout d’abord écouté le frère François-Christian qui avait quant à lui choisi comme pépite sanjuaniste l’une de ses célèbres maximes : « Au soir de cette vie, vous serez examinés sur l’amour ».
Enfin, nous avons accueilli avec joie sœur Marie-Gabrielle, Présidente fédérale des Carmélites de France-Nord (Thérèse-Élisabeth) et sœur Christine, première conseillère. Dans son rapport sur l’état de la Fédération, sœur Marie-Gabrielle (du carmel de Saint-Saulve) a partagé les données numériques : il y a actuellement 31 monastères affiliés répartis sur la moitié nord de la France, le sud de la Belgique, la Suisse et quelques pays étrangers. On compte environ 250 carmélites côté nord de la France. Sœur Christine (du carmel du Havre) est de son côté longuement intervenue sur un moment fort : la rencontre de Nemi (Italie) en 2024. En effet, sœur Christine fait partie de la Commission internationale chargée de réviser les Constitutions des Carmélites déchaussées (1991). Les sœurs s’étaient retrouvées à Nemi pour commencer ce chantier colossal et ont vécu une vraie rencontre spirituelle grâce à des « conversations dans l’Esprit ». On parle désormais de « l’esprit de Nemi » ! Enfin, nous avons abordé avec elles le lien frères/sœurs et les projets à venir à bâtir ensemble… car n’oublions pas que c’est chez les Carmélites déchaussées de Valladolid que notre père saint Jean de la Croix a fait son « noviciat » !
Mardi 21 avril : Point sur la Mission en Irak et travail sur la prévention des abus
L’Église faisait aujourd’hui mémoire de saint Anselme, grand théologien du XIe siècle. Né en Italie, il fut moine à l’Abbaye du Bec puis archevêque de Cantorbéry. Trois lieux qui dessinent une certaine mobilité, ne résistant pas aux appels de l’Esprit. C’est pourquoi frère Jean-Alexandre, au lendemain des élections des prieurs de communauté, nous a enjoints dans son homélie à s’inspirer de l’ardeur de saint Anselme dans les changements géographiques qui pourront devenir les nôtres à la suite de ce chapitre.
C’est ensuite frère Yannick qui a lancé la matinée avec un fameux poème de saint Jean de la Croix, Le Pastoureau : « Un Pastoureau, seul, est en peine, / loin du plaisir et du contentement, /et en sa pastourelle la pensée fixée, / Et le sein d’amour très meurtri. »
Puis nous avons eu la joie d’accueillir notre frère Ghadir ! Cependant, bloqué au Kurdistan à cause de la guerre en Iran, le supérieur de la mission en Irak n’a pas pu se joindre parmi nous… C’est donc par visioconférence que nous avons pu nous entretenir avec lui. Il a notamment présenté les aspects géopolitiques actuels et a dressé le bilan de ces dernières années en récapitulant les différentes maisons carmélitaines qui sont dans le pays. Nous avons tous été frappés par son dévouement et son don de soi alors qu’il demeure le seul frère carme du pays.
Après cela, nous avons débattu ensemble sur la pertinence de réviser nos Constitutions, à la demande de notre Préposé Général.
Frère Philippe a ensuite démarré l’après-midi en choisissant un extrait de la Montée du mont Carmel : « On appelle nuit le passage de l’âme à l’union à Dieu » (I MC 2, 1). Et frère Philippe d’expliciter :
« Le Christ nous précède, et nous traversons la nuit grâce à Lui et derrière Lui. Il est la lumière qui vainc les ténèbres et il nous est demandé d’alimenter la petite flamme qui nous est confiée le jour de notre baptême. Dans le livre de la Montée du Carmel, en inaugurant la réflexion sur le chemin qui conduit l’homme à s’unir avec Dieu, le Christ crucifié, abandonné de son Père, est proposé comme la porte et le chemin. »
Enfin, la dernière partie de la journée fut consacrée à un travail difficile mais éminemment nécessaire : travail sur la prévention des abus, évaluation de la cellule d’écoute mise en place, cadre de l’accompagnement spirituel. Nous avons enfin actualisé un texte sur le rôle des prieurs.
Lundi 20 avril : Rencontre avec l’Ordre séculier et élections des conseillers provinciaux et des prieurs
Une journée riche découpée en deux temps. Tout d’abord, la matinée de ce lundi fut consacrée à l’Ordre séculier. Délégué du Provincial pour l’OCDS, frère Cyril a présidé l’Eucharistie. Mais, avant d’entendre son bilan, ce sont les écrits de Jean de la Croix qui ont retenti à nos oreilles. Frère François-Marie avait en effet choisi un extrait du Cantique spirituel qui a fortement marqué ses premières années au Carmel : « Sur cet arbre de la Croix, le Fils de Dieu racheta et prit pour épouse la nature humaine et, par conséquent, chaque âme en particulier. » (CS B 23, 3)
Nous avons ensuite reçu Philippine de Chabannes, Présidente Provinciale de l’Ordre des Carmes Déchaux Séculiers (OCDS) de Paris et Anne Colin, conseillère provinciale. Il y a actuellement 26 communautés de l’Ordre séculier réparties en quatre régions. Les frères étaient aussi amenés à répondre à plusieurs questions pour toujours davantage aider au mieux les membres des communautés dans leur engagement au Carmel.
L’après-midi a ensuite pris un autre tournant avec une réalité inévitable lors des chapitres triennaux : les élections ! Mais le ton fut en premier lieu accordé à l’œuvre spirituelle du Docteur mystique avec une lettre choisie par notre frère Jean-Baptiste Lecuit dont voici l’extrait retenu : « Veillez à conserver l’esprit de pauvreté et le mépris de tout, sans quoi, je vous en préviens, vous tomberez dans mille nécessités spirituelles et temporelles ; sachez vous contenter de Dieu seul. Ceux qui lui remettent tout leur cœur n’ont plus et n’éprouvent plus de nécessités ; car le pauvre d’esprit vient-il à manquer de quelque chose, qu’il se trouve plus content et plus joyeux ; il a placé son tout dans le dénuement, dans le rien ; c’est ainsi qu’il trouve en tout la dilatation du cœur ! Sa valeur est si grande que tout lui est soumis parce qu’il ne veut rien assujettir à lui-même et qu’il perd tous les soucis du temps afin de pouvoir s’embraser davantage de l’amour de Dieu. » (Lettre à la M. Marie de Jésus, Prieure des Carmélites de Cordoue, 18 juillet 1589)
Enfin, après l’intervention de notre modérateur, nous avons procédé aux élections donc voici les résultats :
Le chapitre provincial réuni à Avon a élu les conseillers provinciaux :
- 1er conseiller : fr. Anthony-Joseph de Sainte Thérèse de Jésus (Pinelli)
- 2e conseiller : fr. Cyril de la Compassion de Marie (Robert)
- 3e conseiller : fr. Denis-Marie de la Nativité (Ghesquières)
- 4e conseiller : fr. Didier-Joseph de la Sainte Famille (Caullery)
- Socius pour le Chapitre général : fr. Jean-Alexandre de l’Agneau (de Garidel)
- Substitut du Socius : fr. Didier-Marie de la Trinité (Golay)
Voici enfin les élections des Supérieurs locaux :
- Prieur d’Avon : fr. Denis-Marie de la Nativité (Ghesquières)
- Prieur de Lisieux : fr. Didier-Joseph de la Sainte Famille (Caullery)
- Prieur de Paris : fr. Jean-Alexandre de l’Agneau (de Garidel)
Nous confions nos frères élus à votre prière !
Vendredi 17 avril : dialogue avec la Province d’Avignon-Aquitaine
Cette journée de vendredi fut totalement consacrée à la collaboration avec la Province d’Avignon-Aquitaine. Dans ce cadre, nous avons reçu à notre chapitre le Provincial du Midi, frère Jean-Fabrice du Christ-Roi, et son Premier conseiller, frère Jean de Sainte-Marie.
Après l’Eucharistie présidée par le Provincial d’Avignon-Aquitaine, nous avons écouté frère Denis-Marie nous partager un extrait de son choix des œuvres de saint Jean de la Croix. Il a opté pour une prière extraite de la Vive flamme d’amour : « Réveillez-nous et éclairez-nous, mon Seigneur, afin que nous connaissions et aimions les biens que Vous nous présentez toujours et nous nous apercevrons que Vous êtes mû pour nous faire du bien et que Vous Vous êtes souvenu de nous. » (VF B 4, 9)

Ensuite, frère Jean-Fabrice, aidé d’un diaporama, a présenté les différents couvents de leur Province : Le Broussey, Montpellier, Toulouse, Roquebrune-sur-Argens (Saint-Désert), Fribourg (Suisse), Trois-Rivières (Canada) et Kaolack (Sénégal). Un peu plus de 70 religieux forment la Province voisine. Suite à cela, nous avons échangé autour de la question de davantage de collaborations interprovinciales.
L’après-midi, la parole fut donnée à frère Didier-Joseph qui nous a partagé de son côté un passage de la Montée du Mont Carmel au sujet du nécessaire détachement qu’il faut opérer pour tendre vers le but de l’union à Dieu : « Qu’importe qu’un oiseau soit attaché d’un fil mince ou d’une corde ? Car, pour fin que soit le fil, l’oiseau y demeurera attaché comme à la corde, tant qu’il ne le brisera pas pour voler. Il est vrai que le fil est plus facile à rompre ; mais, pour facile que ce soit, s’il ne le rompt, il ne pourra prendre l’essor. Ainsi en est-il de l’âme qui s’est liée à quelque chose, laquelle, avec toutes ses vertus, ne parviendra jamais à la liberté de l’union divine. » (I MC 11, 4)
Enfin, nous avons continué nos échanges avec nos frères du Midi. Cela fut vécu dans un vrai climat fraternel et nous pouvons rendre grâce pour cette bonne entente manifestée entre les deux Provinces des Carmes Déchaux de France.
Jeudi 16 avril : Enseignements spirituels, travail législatif et nouvelle implantation du couvent
Après le provincial et les prieurs d’Avon et de Lisieux, c’est celui de Paris, frère Denis-Marie, qui a présidé la messe de ce jeudi. Dans son homélie, il nous a encouragés à laisser Jésus faire sa place en nous pour qu’il en fasse un « Ciel », selon l’image utilisée par sainte Élisabeth de la Trinité.
Le début de la matinée a été vécu de manière originale, puisque le frère Marc n’a pas choisi une citation à proprement parler de saint Jean de la Croix à partager au chapitre, mais plutôt le dessin qu’a fait le carme espagnol du Christ en Croix. Et frère Marc, qui avait nommé son petit exposé Mauvais œil de conclure : « Ouvrons donc les yeux les uns sur les autres pour mieux nous écouter, nous comprendre, nous aimer, quelqu’en soit le prix ! »
Puis, nous avons repris nos discussions de la veille sur nos textes législatifs (pour mieux vivre notre vie consacrée) avant de conclure par un vote.
Pour commencer l’après-midi, frère Guillaume a quant à lui proposé une méditation autour du psaume 76, 19-20. Ces versets du Psalmiste sont repris par saint Jean de la Croix dans la Nuit obscure, dont voici le passage retenu par notre frère : « Cette contemplation divine a cette propriété d’être secrète et par-dessus la capacité naturelle, non seulement parce qu’elle est chose surnaturelle, mais aussi en tant qu’elle est la voie qui conduit et mène l’âme aux perfections de l’union de Dieu ; lesquelles, étant choses qui ne sont humainement sues, il s’y faut acheminer ne sachant humainement et divinement ignorant. Car, parlant mystiquement (comme nous faisons ici), les choses et perfections divines ne se connaissent ni ne s’entendent pas comme elles sont quand on les cherche et met en exercice, mais quand on les a déjà trouvées et exercées. Le prophète Baruc dit à ce propos de cette Sagesse divine : “Il n’y a personne qui puisse savoir ses voies ni qui puisse penser ses sentiers”. Le prophète royal aussi, parlant à Dieu, dit ceci de ce chemin
de l’âme : “Vos splendeurs ont lui sur la rondeur du monde et l’ont éclairée ; la terre s’est émue et a tremblé ; votre voie est dans la mer et vos sentiers en de nombreuses eaux ; et vos vestiges ne seront point connus [Ps 79, 19-20]” » (II NO 17, 8).
Enfin, frère Jean-Alexandre a présenté les résultats de la commission pastorale chargée de la nouvelle implantation du couvent de Paris, rue Gay-Lussac, avant que nous ne concluions cette journée par des échanges autour de nos pratiques liturgiques.
Mercredi 15 avril : Prière commune, formation initiale et travaux en groupes
Après l’oraison et les laudes partagées avec la communauté d’Avon et les hôtes du Centre spirituel, c’est entre capitulants que nous célébrons tous les jours l’Eucharistie au cours de notre Chapitre provincial. Ce mercredi, c’était au tour du frère Didier-Joseph de présider, ce dernier nous invitant dans son homélie à ne pas avoir peur, comme notre pape Léon, de « parler haut et fort du message de l’Évangile ».
Nous avons commencé notre rencontre matinale par une nouvelle pépite de saint Jean de la Croix. Frère Jean-Alexandre avait choisi un extrait de la 10ème Romance, « Sur les fleuves de Babylone » : « En moi je me mourais pour toi / et par toi je ressuscitais » (En mí por ti me moría /y por ti resucitaba). Un choix tout à fait adapté au Temps pascal !
Ensuite, toute la matinée a été consacrée à la formation initiale. Frère Jean-Alexandre, maître des Postulants et des Novices, a rendu son rapport du Postulat–Noviciat (Avon) sur les années 2023-2026. Puis, de la même manière, frère Anthony-Joseph, maître des Étudiants, a donné celui du Studentat (Paris). Nous avons ensuite longuement échangé entre nous avant de déjà choisir quelques orientations pour les trois prochaines années. Enfin, frère Cyril, responsable de la pastorale des jeunes et des vocations, a fait le point sur l’Année Saint-Élie (Année pour Dieu) qui accueille actuellement trois jeunes hommes.
L’après-midi, après l’office du milieu du jour, frère Cyril a partagé sa phrase favorite du saint patron des poètes espagnols. Il s’agit en fait d’un seul mot… « Nada ». Rien ! Plus précisément, Jean de la Croix inscrit ce mot sur le schéma du mont de perfection. Pour le dire autrement, il faut passer par le Rien pour atteindre le Tout qui est Dieu !
Ensuite, nous avons retrouvé nos petits groupes du premier jour afin de regarder ensemble plusieurs de nos textes législatifs provinciaux, afin de les réécrire si besoin est, pour toujours mieux vivre notre vocation. Enfin, c’est avec tout le chapitre que nous avons étudié les remontées des travaux des groupes.
Mardi 14 avril : Lectures spirituelles, bilan du Centre Spirituel et élection du Provincial
L’Esprit Saint invoqué la veille a soufflé jusque dans les lectures de la messe. En effet, dans son homélie, frère Guillaume, qui présidait l’Eucharistie, a souhaité à la Province réunie en chapitre, de « renaître d’en haut », faisait écho à la parole de Jésus adressée à Nicodème et proclamée dans l’Évangile du jour : « Il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. » (Jn 3, 7-8).
En cette année jubilaire, nous commençons toutes nos rencontres par l’écoute d’une citation de notre Père saint Jean de la Croix choisie et présentée par un frère. C’est le frère Didier-Marie qui a ouvert le bal avec un extrait du Cantique spirituel : « Il faut désirer ardemment ce souffle divin de l’Esprit Saint ; il faut que chaque âme demande qu’il souffle à travers son verger pour que se répandent les divines senteurs de Dieu. » (CS B 17, 9).
De même, la lecture des Actes des Apôtres sonnait particulièrement bien avec la première rencontre de la journée, à savoir le rendu du rapport de l’Économe provincial, frère Denis-Marie. Comme la première communauté des croyants, nous aussi avons « tout en commun » (Ac 4, 32), d’où la nécessité de rendre compte des comptabilités de la Province et des communautés.
Ensuite, nous avons reçu Aude Nachi, directrice opérationnelle du Centre spirituel, qui nous a présenté le rapport des trois dernières années du Centre spirituel des Carmes d’Avon, lieu attractif et en mutation, et dont la fréquentation a retrouvé un nouvel essor après la crise sanitaire.
L’après-midi, c’était au tour du frère Anthony-Joseph de partager une perle du Docteur mystique. A été retenu un passage de La montée du mont Carmel, où Jean de la Croix recommande de « prier dans le temple vivant, qui est le recueillement intérieur de l’âme. » (III MC 40, 1)
Enfin, nous avons procédé à l’élection de notre Père Provincial.
Nous avons la joie de vous annoncer que le Chapitre provincial réuni à Avon a élu le frère Antoine-Marie du Sacré-Coeur de Jésus (Leduc) comme Provincial de Paris des Carmes Déchaux.
Nous rendons grâce au Seigneur pour cette réélection et lui confions notre frère pour ce nouveau triennat (2026-2029).
Lundi 13 avril : Ouverture du Chapitre, rapports des couvents et travail en groupes
Après l’oraison et les laudes, nous avons débuté notre Chapitre provincial par une messe votive au Saint-Esprit, présidée par notre provincial, frère Antoine-Marie. 16 frères capitulants y participent, tandis le père Jean-Claude Lavigne (dominicain) occupe le rôle de modérateur. Dans son homélie, le provincial a notamment insisté sur la symbolique du « Château extérieur », faisait écho au « Château intérieur » tel que décrit par notre Mère sainte Thérèse.
Ensuite, nous sommes entrés dans le vif du sujet avec la lecture de différents rapports, en commençant par celui de la Province, rédigé par le frère Antoine-Marie. Puis, le frère Didier-Joseph a rendu celui du couvent de Lisieux, le frère Denis-Marie celui de Paris, et le frère Guillaume celui d’Avon.
L’après-midi, nous nous sommes retrouvés en trois petits groupes afin de discuter entre nous de ces rapports, avant un retour en grand groupe faisant remonter nos échanges et les éventuelles questions qui pouvaient surgir.
Nous nous confions encore à votre prière !





