Consécration du nouvel ­autel de la chapelle du couvent des carmes de Paris

Une journée de grâce et de prière dans notre nouveau couvent parisien

Le 18 juillet dernier, notre nouveau couvent parisien situé 39, rue Gay-Lussac a vécu l’un des moments les plus marquants de sa jeune histoire : la consécration de son autel au cœur de son espace liturgique. Après les mois de travaux et d’attente qui accompagnent toujours l’installation d’une communauté dans de nouveaux murs, cette ­journée venait donner à la chapelle sa pleine identité : non plus seulement un espace aménagé, mais un lieu désormais consacré, où pourra désormais se célébrer, jour après jour, le mystère eucharistique.

Environ soixante-dix invités, frères carmes compris, ont répondu ­présents à l’invitation, tous venus partager la joie d’un lieu désormais pleinement consacré à sa vocation première, celle de la prière de toute une communauté. Les personnes invitées se sont ainsi retrouvées pour une journée à la fois solennelle et fraternelle, rythmée par la liturgie, les rencontres et le partage.

Un accueil fraternel pour ouvrir la journée

Dès 10 h, les invités ont été accueillis par frère Antoine-Marie, provincial, et frère Denis-Marie, ancien prieur de Paris. Cet accueil conjoint, assuré par celui qui assume aujourd’hui la responsabilité de la Province et par celui qui a veillé sur la vie du couvent parisien ces six dernières années, donnait d’emblée le ton de cette célébration : gratitude pour le chemin parcouru et confiance dans les années qui s’ouvrent pour cette nouvelle implantation. Ont notamment participé à cette journée les trois carmélites présidentes fédérales et quelques-unes de leurs conseillères, quatre frères de la Province ­d’Avignon-Aquitaine dont le nouveau provincial, des membres du conseil provincial de l’Ordre séculier du Carmel, monsieur Besnard, ­président de l’association des Amis de l’adoration et de nombreuses personnes qui nous ont accompagné tout au long de la réalisation de ce projet aujourd’hui devenu réalité. L’Église parisienne était représentée par son archevêque, monseigneur Laurent Ulrich, accompagné de son secrétaire particulier, le père Jean-Christophe Vinot, par le vicaire général du doyenné, monseigneur François ­Gonon et le père Roger ­Tardy, prochain curé de la paroisse Saint- Jacques-du-Haut-Pas dont l’église est toute proche du couvent. Les artistes engagés dans la ­réalisation de l’ensemble de la chapelle se sont aussi joints aux ­festivités.

La Messe de consécration

À 10 h 30, monseigneur Laurent Ulrich a présidé la messe de consécration de l’autel. Ce rite, l’un des plus anciens et des plus riches de la tradition liturgique, marque le passage à un autel véritablement consacré : par le dépôt et le scellement des reliques [Nous avons déposé une urne contenant les reliques de la bienheureuse Marie de l’Incarnation (Barbe Acarie) qui a œuvré pour la venue des carmélites déchaussées en France en 1604 ; de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face ; de sainte Élisabeth de la Trinité et du bienheureux père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus.], par ­l’onction du Saint Chrême, par l’encensement, puis par la parure (nappe) et l’illumination (pose des candélabres), la pierre devient signe visible du Christ lui-même, pierre angulaire sur laquelle repose toute l’Église. Présider une telle ­célébration revient, pour l’évêque du lieu, à sceller un lien durable entre la communauté et l’Église diocésaine qui l’accueille : la présence de l’archevêque de Paris pour ce moment ­fondateur a donné à la cérémonie une portée qui dépassait le seul cadre de la communauté, en l’inscrivant dans la vie de tout le diocèse.

Discours, apéritif et buffet fraternel

À 12 h 30, frère Antoine-Marie a prononcé le discours officiel mais surtout très fraternel, avant que ne débute l’apéritif, moment convivial vécu au cœur du magnifique jardin du couvent permettant à chacun de prolonger dans l’échange la grâce reçue durant la liturgie. Le buffet, servi à partir de 13 h, s’est réparti dans les deux salles nouvellement “baptisées” Théodelinde, en l’honneur de la fondatrice de la congrégation de l’adoration réparatrice et en mémoire du couvent d’origine fondé en ce lieu au milieu du 19ème siècle à l’emplacement d’un ancien couvent des Ursulines, et Thérèse d’Ávila, notre Mère au Carmel, offrant aux invités un cadre chaleureux pour partager le repas et faire connaissance avec les nouveaux espaces du couvent, accessibles au public. Ce moment de déambulation a offert à chacun l’occasion de mesurer l’ampleur du travail accompli pour donner à la communauté un cadre de vie et de prière digne de sa ­mission.

Découvrir les lieux et rencontrer les artisans

Puis, dans la chapelle elle-même, Véronique Charpy qui a réalisé les décorations murales, l’orfèvre, ainsi que le tailleur de pierre, se sont ­tenus disponibles pour échanger avec les visiteurs à propos de leur travail. Ces rencontres avec les artisans ont donné un relief particulier à la visite. Ces échanges ont ­permis de rappeler combien la beauté dans l’art et l’artisanat demeure, dans la tradition de l’Église, un chemin privilégié pour nous aider à nous ouvrir au Mystère célébré.

Adoration, procession et premières Vêpres

L’après-midi s’est poursuivi par un temps d’adoration eucharistique, de 15 h à 16 h, offrant à l’assemblée un moment de silence et de recueillement, écho plus intérieur à l’intensité de toute cette journée. Puis, de 16 h à 16 h 30, une litanie a accompagné la procession d’installation du Saint-Sacrement, conduit jusqu’à l’oratoire conventuel situé au troisième étage du couvent. Ce geste, sobre et solennel, a aussi marqué concrètement l’entrée du couvent dans une nouvelle étape de sa vie de prière. La journée s’est achevée à 16 h 30 par les premières Vêpres du dimanche, chantées autour de l’autel nouvellement consacré. Par cette prière du soir, la communauté inaugurait, dans le même mouvement, à la fois un nouvel autel et la vie liturgique, appelé à rythmer désormais chaque jour la vie du couvent.

Une journée fondatrice

Au terme de cette journée dense et priante, c’est un même sentiment qui semblait habiter les participants : celui d’avoir vécu un moment fondateur. La consécration d’un autel n’est jamais un simple événement architectural ; elle engage la vie d’une communauté pour de longues années, puisque c’est autour de cet autel de pierre désormais consacré que se rassemblera, jour après jour, la prière des frères et de tous ceux qui viendront se joindre à eux. En accueillant tant de personnes autour de cet autel, la communauté des frères carmes implantée désormais 39, rue Gay-Lussac a manifesté, dans la joie et la simplicité, que ce nouveau couvent est un lieu de vie ouvert et tourné vers la louange et le service de tous. Il revient désormais à cette communauté, jour après jour, de faire vivre ce que cette journée a inauguré : que la prière montant de cet autel nouvellement consacré porte du fruit bien au-delà des murs du couvent, et que ce lieu devienne, au fil des années, un lieu spirituel reconnu pour tous ceux qui, dans le quartier et bien au-delà, chercheront un espace de silence, de prière et de célébration pour s’ouvrir à la rencontre de Dieu.

Fr. Denis-Marie Ghesquières, ocd (Avon)

La chapelle ouvrira ses portes le 1er septembre.
Les horaires des messes vous seront communiqués ultérieurement.

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